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Accueil > Maladies > Anévrismes Aortiques Thoraco-Abdominaux > VI - Quels sont les principaux traitements et leurs risques ?

VI - Quels sont les principaux traitements et leurs risques ?

Le but du traitement des ATA est de prévenir la rupture. La décision de traiter un ATA dépend de sa taille (> 6 cm), de sa rapidité d’évolution (> 0,5 cm en 6 mois), de sa localisation et de l’état général du patient. En cas de taille supérieure à 6 cm et/ou de croissance rapide, votre chirurgien évaluera la balance bénéfice/risque du traitement de l’anévrisme. Les anévrysmes thoraco abdominaux sont les anévrysmes les plus compliqués à traiter en raison de la présence des artères digestives, rénales et médullaires.

Il existe 3 techniques chirurgicales pour traiter les ATA : la chirurgie conventionnelle, la chirurgie endovasculaire et la chirurgie hybride :

  • La chirurgie conventionnelle : il est nécessaire d’ouvrir le thorax et l’abdomen pour avoir accès à l’aorte thoraco abdominale. La circulation dans l’aorte est interrompue pour remplacer la partie anévrismale par une prothèse. Celle-ci est cousue au dessus et en dessous de l’anévrisme à l’aorte saine. Les artères digestives (tronc coeliaque, artère mésentérique supérieure) et les artères rénales sont anastomosées (cousues) à la prothèse aortique. Il peut être nécessaire d’utiliser une pompe (circulation extra-corporelle) pour continuer à alimenter la partie basse du corps avec du sang artériel pendant la réparation de l’aorte.
  • La chirurgie endovasculaire permet de placer une prothèse dans l’anévrisme sans ouvrir le thorax ou l’abdomen. La prothèse est introduite par les artères fémorales qui sont abordées au pli de l’aine. La prothèse endovasculaire (aussi appelée endoprothèse ou stent graft) comporte des fenêtres et/ ou des branches qui seront placées dans les artères digestives et rénales (Figure 2). L’endoprothèse est en quelque sorte une aorte synthétique positionnée à l’intérieur de l’aorte malade. L’aorte malade n’est plus en contact avec le sang circulant et ne présente donc plus de risque de rupture.

                                       

Haulon image 2

Figure 2 : Traitement endovasculaire d’un ATA de type 3 comportant une branche à destinée du tronc coeliaque et des fenêtres pour l’artère mésentérique supérieure et les artères rénales.

  • La chirurgie hybride utilise des endoprothèses sans fenêtre pour exclure la partie anévrismale de l’aorte. Des pontages vers les artères viscérales et rénales sont réalisés par chirurgie conventionnelle en ouvrant l’abdomen avant la mise en place des endoprothèses. (Figure 3)

                                             

Haulon image 3

Figure 3 : traitement hybride endovasculaire avec exclusion de l’ATA par endoprothèse et pontage extra anatomique des axes viscéraux.

Quelle que soit la technique, les complications graves suivantes peuvent survenir après l’intervention :

-          la paraplégie, c'est-à-dire la paralysie des 2 jambes (membres inférieurs), par mauvaise perfusion des artères de la moelle épinière (ischémie médullaire)

-          l’insuffisance rénale, qui peut nécessiter une dialyse, par mauvaise perfusion des artères rénales

-          l’ischémie digestive, qui peut nécessiter l’ablation d’un segment d’intestin, par mauvaise perfusion des artères digestives

-          le décès, par défaillance de plusieurs organes

Des endofuites peuvent être diagnostiquées après chirurgie endovasculaire. Il s’agit d’une persistance de flux sanguin à l’intérieur de l’anévrisme mais à l’extérieur de l’endoprothèse. Si ces fuites sont importantes, elles nécessitent alors un traitement complémentaire. Dans la majorité des cas, elles sont à bas débit et vont se tarir spontanément lors du suivi.